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[stag_toggle style=”normal” title=”Détails de la pièce” state=”closed”]Vase « PARADISE MUSE »
Émile Gallé
1895
Verre coloré, soufflé, stratifié, strié ; intercalations minérales[/stag_toggle]

La personnalité d'Émile Gallé (1846-1904) domine l'histoire de l'art verrier, non seulement de 1880 jusqu'à la mort du créateur en 1904, mais aussi bien au-delà, jusqu'à la fermeture des ateliers qui portaient son nom en 1936. Fort d'une formation artistique, technique et même scientifique, issue de stages dans diverses verreries européennes, comme celle de Meisenthal, Émile Gallé est un artiste complet, pleinement maître de ses moyens. Fondateur de l'École de Nancy et créateur du style Art nouveau, Émile Gallé a laissé derrière lui une œuvre prodigieuse, comprenant des vases émaillés ou peints en camée, ses célèbres « verreries parlantes », des lampes, mais aussi des descriptions détaillées des techniques complexes qu'il a appliquées et perfectionnées. De nombreuses distinctions, nationales ou internationales, ont récompensé la création de ce brillant pionnier.

Les sources d'inspiration sont les fleurs, les insectes et les minéraux. L'artiste a étudié les premiers avec soin, reproduisant avec précision leurs gracieux pétales, leurs tiges et leurs vrilles sinueuses. Les insectes – libellules, scarabées, papillons multicolores – sont incorporés à la masse vitreuse des récipients. Des minéraux tels que l'azurite ou la malachite sont ajoutés à la masse visqueuse du verre en fusion pour conférer, par leur disposition en différentes couches et la diversité de leurs couleurs, une richesse décorative incomparable.

La production industrielle lancée par Gallé en 1884 vise à rendre l'art accessible aux personnes à revenus modestes, grâce à la baisse des coûts d'exécution. Gallé conçoit des modèles simplifiés mais très beaux, aux couleurs vives, par lesquels il cherche à éviter « le faux et l'étrange ». Les pièces industrielles sont soufflées dans un moule, en plusieurs couches de couleurs différentes, puis gravées à l'acide par étapes successives, ce qui leur confère un semi-relief et une profondeur de décor. La reprise de la gravure au tour permet d'obtenir le raffinement et la précision des détails.

La production industrielle des ateliers Gallé fut assurée sous la direction de l'artiste jusqu'à sa mort en 1904, puis sous celle de son épouse jusqu'en 1914. Durant la période 1904-1914, les pièces réalisées furent de bonne qualité et perpétuèrent un grand nombre de modèles réalisés par Gallé. Madame Gallé ajouta une étoile à la signature du maître, ce qui permit de lever toute ambiguïté et de dater les pièces. Après la Première Guerre mondiale, le gendre de Gallé, Perdrizet, reprit l'affaire, qui fut liquidée en 1936, avec la fermeture des ateliers.

Une pièce de Gallé d'une valeur exceptionnelle, conservée au Musée national de Peleş, est le vase intitulé par l'auteur « Paradisiac Musée ». La base est circulaire, avec un reflet discoïdal, et le corps ovoïde allongé est traité plastiquement, dans des dégradés violets, avec des déchirures et des zones dorées. L'acrobatie technique d'Émile Gallé est facilement lisible sur cette pièce unique. L'artiste a appliqué plusieurs cycles de décoration, alternant réchauffage, immersion dans le verre en fusion, puis soufflage et modelage répétés. Les inclusions minérales intercalées entre les couches de verre et la couleur variée, tantôt intense, tantôt délicate, créent d'intéressants effets d'optique. À la base du corps, la mention « Gallé fecit 1895 » est gravée, et au revers de la meringue, le monogramme « EG » avec une croix de Lorraine et le titre de la pièce : Paradisiac Musée.

Inscriptia pe revers.

Cornelia Dumitrescu, conservateur

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